Nearly 350 insurance experts participated in the event
Jean Claude Ngbwa, General Secretary, CIMA
Eight plenary sessions and six workshops provided an interactive discussion platform for all stakeholders

Comment promouvoir la micro-assurance en Afrique de l’Ouest et Centrale?

Clôture des sessions d'apprentissage en micro-assurance «Microinsurance learning sessions» organisées à Douala (Cameroun) par la CIMA sur le thème «Protéger les petits travailleurs».

L'organisme de réglementation CIMA (Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance) est une organisation internationale en Afrique de l'Ouest et Centrale – à majorité francophone - dont l'objectif principal est de parvenir à l'instauration d'un marché unique des assurances. Cette organisation, fondée en 1992 à Yaoundé, a son siège à Libreville (Gabon). Pour réaliser son objectif, elle dispose d'un ensemble juridique uniforme et d'un organe de contrôle unique auquel les 14  États membres ont transféré pratiquement tous leurs pouvoirs. En 2012, la CIMA a aménagé pour ses États membres une réglementation spécifique et distincte de la micro-assurance. Ces règles sont maintenant en cours d'application, étape par étape, dans la zone CIMA. C'est dans ce contexte que la CIMA a organisé du 10 au 12 septembre 2014 une rencontre internationale sur la micro-assurance à Douala, la capitale économique camerounaise, sur le thème «Protéger les petits travailleurs».

Faible taux de pénétration, potentiel élevé
Les pays membres de la CIMA totalisent une population d'environ 140 millions de personnes. Cepen-dant, selon l'étude du paysage de la micro-assurance en Afrique menée en 2012 « the Landscape of Microinsurance in Africa », moins de 2 millions de personnes ont une couverture de micro-assurance. Néanmoins, avec 162 compagnies d'assurance opérant dans cette région, la micro-assurance a cer-tainement un fort potentiel de développement. « L'existence de marchés de l'assurance stables est un facteur important dans le développement durable » a déclaré Jean-Claude Ngbwa, secrétaire général de la CIMA, dans son allocution de bienvenue. La nouvelle épidémie d'Ebola, qui a malheureusement empêché la venue des participants sénégalais, démontre combien la stabilité peut être fragile.

La micro-assurance dans la zone CIMA est encore à un niveau très faible. Malgré une croissance significative avec, entre 2005 et 2011, des taux substantiels de croissance annuelle composés repré-sentant jusqu'à 35% par exemple pour le Burkina Faso ou 17% au Cameroun, le taux de pénétration de l'assurance compte encore parmi les plus bas du monde. Outre les États susmentionnés, le Bénin, le Sénégal, le Mali et le Togo font partie des pays les plus prometteurs de la région. Pourtant, dans l'étude consacrée à la situation de la micro-assurance, tous les quatre ne figuraient que dans la troi-sième catégorie, celle des « talents cachés ». Eu égard aux différentes branches d'assurance, la mi-cro-assurance Santé ne s'est pas beaucoup développée au cours de ces dernières années tandis que le taux de pénétration des produits de micro-assurance Récoltes et Mortalité du bétail progresse sur une base modeste. Trois compagnies d'assurance des risques agricoles ont été créées récemment au Bénin, au Sénégal et au Nigeria avec l'aide de la Société financière Internationale (IFC). L'assurance décès et invalidité reste le produit le plus important dans la région. Avec seulement une des huit polices couvrant plus que le prêt en cours, la possibilité d'offrir plus de produits complets via la micro-assurance décès et invalidité est encore significative.

Le dossier d’analyse de la micro-assurance
La plupart des questions relatives au dossier d'analyse de la micro-assurance concerne la façon de générer un nombre de clients suffisant pour permettre de fournir des produits abordables. Avec les organisations communautaires, les mutuelles et autres organisations associatives jouant toujours un rôle clé au niveau de la distribution de la micro-assurance dans la région, les discussions ont fait ressortir un grand intérêt concernant les téléphones portables en tant que canal de distribution et ses implications pour le contexte informatique et les systèmes de gestion du fournisseur. La discussion a également porté sur le rôle d'intervenants clés comme la Banque Mondiale ainsi que des contrôleurs d'assurance. Il est devenu évident que les gouvernements auront un rôle plus important à jouer pour accélérer le développement de la micro-assurance. En même temps, des pays comme le Sénégal tendent à impliquer l'industrie des assurances plus largement que par le passé.

Dans deux sessions de discussion centrée sur les produits performants, les participants sont conve-nus qu'actuellement, la téléphonie mobile constituait certainement le canal de distribution le plus pro-metteur. Toutefois, il se peut que ce type de distribution ne soit pas utilisé dans toutes les catégories d'affaires de la même façon que dans le cadre de l'assurance Vie et Accidents corporels, par exemple. Parallèlement, le fait d'accumuler un grand nombre de clients en peu de temps génère d'im-portants risques de réputation en cas de défaillance de systèmes, comme cela s'est produit au Zim-babwe, par exemple. Le défi réside dans le passage du modèle « freemium » à croissance rapide, où les clients sont assurés et où leur niveau de couverture dépend du temps de connexion tandis que le fournisseur de téléphonie mobile paie la prime, à un modèle dans le cadre duquel le téléphone est essentiellement utilisé pour transférer de l'argent, le client ayant lui-même à payer la prime.

La voie à suivre
Avec près de 350 participants venant de 24 pays, on peut considérer que cet évènement marque un jalon important dans le développement de la micro-assurance en Afrique de l'Ouest. Après la 5e Con-férence internationale sur la micro-assurance organisée au Sénégal en 2009, cette rencontre a été la plus importante conférence ayant pour objectif le partage d'expériences entre les pays membres de la CIMA. Le taux d'intervention active des participants dans les diverses discussions développées dans les 14 sessions constituant cet évènement a dépassé les attentes, ce qui démontre l'intérêt porté au sujet. À cet égard, la langue joue certainement un rôle important. Divers participants ont laissé entendre que d'autres rencontres internationales excluaient en quelque sorte les pays francophones, la langue de conférence étant généralement l'anglais. Les évènements comme la dernière rencontre CIMA occupent donc une place cruciale dans le lancement de discussions nécessaires au développement du marché.

Lors d'une rencontre stratégique qui a eu lieu après la conférence, les représentants des organisa-tions d'accueil sont convenus de poursuivre le processus mis en œuvre par la CIMA. Avec le soutien de l'Agence Française de Développement (AFD) et d'autres partenaires, le Secrétariat Général de la CIMA finalisera l’élaboration d’un plan triennal de développement de l’assurance et notamment de la micro-assurance en zone CIMA. Ce plan sera élaboré en concertation avec les acteurs en charge de la promotion du secteur, tels que la FANAF, et aura pour double objectif de veiller à la bonne application de la règlementation en matière d’assurance et de micro-assurance et de créer un cadre incitatif à l’émergence de la micro-assurance en zone CIMA. Par ailleurs, les représentants d'organismes tels que le Ministère des Finances du Cameroun, ont aussi fait part de leur intérêt de continuer les discussions dans le cadre d'évènements locaux. L'engagement remarquable de la CIMA en vue de promouvoir la micro-assurance dans la région est une base fondamentale pour le développement de celle-ci dans les 14 États membres de la CIMA. La Fondation Munich Re sera un partenaire fiable dans ce proces-sus et se félicite de coopérer avec la CIMA et ses partenaires au cours de ces prochaines années.

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La rencontre «Microinsurance Learning Sessions» a été organisée par la CIMA avec l'aide du Ministère des Finances du Cameroun, de la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF), de la Fondation Munich Re, de l'Agence Française de Développement (AFD), de l'OIT, de Making Finance Work for Africa (MFW4), de la GIZ, de l'Initiative Accès à l'assurance (a2ii), de l'AICA, et du Microinsurance Network.

 

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